It ends tonight.

Je te suis, tu me suis. Au milieu d'une foule aveuglante, il y aura toujours mon instinct qui me soufflera doucement où tu es. Il n'y a qu'un visage, il n'y a qu'un regard, il n'y a qu'une allure qui se démarque des autres. C'est toi.

# Posté le vendredi 27 novembre 2009 16:18

And miles.

And miles.
Tu n'es plus là depuis une demi-heure. Le salon sans toi n'avance pas, la musique tourne en rond. Tu n'es pas dehors en train de fumer. Je monte les escaliers. Tu es bien quelque part. Je ne marche pas droit dans le couloir. J'ai peut être un peu trop bu. Ma tête tourne peut être beaucoup trop vite. Je divague jusqu'à une porte, au hasard. Je l'ouvre. Non, ma tête ne tourne pas trop vite : mon regard se fixe et s'immobilise sur toi. J'aurais préféré qu'elle tourne encore. Ma tête. Je n'aurais pas pu voir aussi clairement ce lit, et ton regard. Et cette fille sur toi. Maintenant, mes idées sont claires dans ma tête. Je ne sais pas ce que je fais là.

Je suis saoule. Je rentre dans la chambre. J'ai la tête qui tourne. Cette chambre est immobile. La scène est immobile. Ma tête tourne plus doucement. Toi avec cette fille. Elle explose. Je resors vite, très vite. Je claque froidement la porte. Dans le couloir, la scène s'accapare de moi. Je m'accapare cette horreur de t'avoir vu avec une autre fille. Je n'aurais jamais du rentrer. Je n'aurais jamais du voir ça. Ma tête aurait continuer de tourner, tout comme mes pensées.

Dans un lit dur et inconfortable. Tu es dans la chambre à côté. Il y a un quart d'heure, ma tête a arrêté de tourner. Il pleut dehors. Le bruit des gouttes qui glissent sur la vitre m'empêche d'entendre quelque chose, de t'entendre avec cette fille. Je trouve ça complètement morbide. Tu t'amuse surement trop bien. Ma tête a explosé. Et je n'arrive pas à m'endormir. Qu'est-ce que je fais à cette soirée minable, dans ce lit minable, dans la chambre voisine de celle où tu te trouve ?

# Posté le jeudi 12 novembre 2009 13:27

Modifié le lundi 23 novembre 2009 14:10

Voilà. C'est exactement ça.

Ce soir où j'étais avec toi, ce n'était pas moi, c'était beaucoup trop parfait, je suis jalouse de moi même, de ce moment ou j'étais avec toi, à toi. Car il n'existe plus ce soir ; et plus les jours passent, et plus je le vois comme un rêve. Enfermé, en dehors de son passé et son futur, ce soir là était beau, doux, sensuel, et dans la réalité, il me parait morbide.

Photo de Robert Capa.
Voilà. C'est exactement ça.

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 15:59

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 06:44

"It appears unavoidable." Kaki King

"It appears unavoidable." Kaki King
Mes deux moi se font la guerre, c'est comme tout, deux puissances se font toujours la guerre, c'est évident, ça peut pas être autrement, c'est pas envisageable, l'égalité se fait la guerre, et mes deux moi se font la guerre. Un matin, un de mes deux moi se réveille et me dit de faire ça et ça, et moi je réfléchis pas, pourquoi je réfléchirais, j'ai pas le choix, demain ce sera différent, je serais différente et je pourrais rien y faire, c'est un peu une fatalité voyez-vous, je n'sais pas ce que je veux, je n'sais pas ce que je vaux et c'est très fâcheux. Et le lendemain je me réveille, et je me dis, mais qui étais-je hier, j'ai dit et fait n'importe quoi, ça me ressemble pas, pourquoi j'ai parlé à cette personne, pourquoi j'ai fréquenté cet endroit, ah non, ah non non non, c'est pas du tout moi, c'est dingue, je m'étais pourtant dit d'arrêter ce double jeu, ce double je. Et le surlendemain mon premier moi domine et s'énerve, merde mais pourquoi me suis-je rebellée hier, il est mieux que je fasse comme tout le monde, faire semblant ça vaudrait mieux pour ma peau, au moins j'aurais des copains ; c'est toujours mieux, même si c'est pas sincère, que d'être associable.


Je la vois de ma chambre la route, j'ouvre la fenêtre, je respire l'air de la nuit, l'air de la solitude, et je vois de loin cette route, qui m'attends, qui m'entends, elle sait que je suis faite pour elle, elle sait que je ne rêve que d'elle. C'est comme une évidence, si je n'etais pas né, la route n'existerait pas, et désolé pour la prétention, mais je parle généralement, les gens comme moi sont nés pour vivre sur les routes et quelle putain de merde dêtre bloqué, d'avoir à attendre.

# Posté le vendredi 09 octobre 2009 18:32

Modifié le jeudi 26 novembre 2009 17:24